Alors que le secteur du transport aérien connaît une reprise fulgurante après les années de pandémie, les conditions de travail des personnels du trafic aérien se dégradent à un rythme alarmant. Le syndicat indépendant du trafic aérien (Si-TrA) a tiré la sonnette d’alarme ce mois-ci, dénonçant une situation devenue intenable pour les contrôleurs et les agents de la navigation aérienne. Entre pénurie d’effectifs, charge mentale accrue et manque de reconnaissance, les professionnels du ciel appellent à une refonte urgente du système.
Un constat accablant : la détérioration des conditions de travail
Selon une enquête interne menée par Si-TrA auprès de ses adhérents, près de 78 % des contrôleurs aériens estiment que leurs conditions de travail se sont nettement dégradées depuis 2023. Les témoignages recueillis font état d’une fatigue chronique, d’un stress post-traumatique lié à la gestion des situations d’urgence, et d’un sentiment d’abandon de la part des directions. « Nous ne demandons pas l’impossible, mais simplement des horaires respectueux de notre santé et des effectifs suffisants pour assurer la sécurité », explique un contrôleur en poste à l’aéroport de Roissy, sous couvert d’anonymat.
La pénurie d’effectifs, un facteur clé
Le manque de personnel est le principal facteur de cette dégradation. Alors que le trafic Replica Iwc aérien a retrouvé son niveau d’avant-crise, les recrutements n’ont pas suivi. Si-TrA souligne que le nombre de contrôleurs formés chaque année est insuffisant pour compenser les départs à la retraite et les reconversions. « On nous demande de faire toujours plus avec moins. Les équipes sont sous-dimensionnées, ce qui allonge les temps de service et réduit les temps de repos », précise le syndicat dans un communiqué diffusé le 12 mars.
Des conséquences directes sur la sécurité et la santé
Les conditions de travail dégradées ne sont pas sans conséquences. Le syndicat indépendant du trafic aérien met en garde contre une augmentation des incidents liés à la fatigue. « Un contrôleur fatigué est un risque pour la sécurité aérienne. Nous avons recensé une hausse de 15 % des signalements d’erreurs de jugement depuis six mois », indique le rapport de Si-TrA. Par ailleurs, les arrêts maladie pour troubles psychologiques ont bondi de 22 % sur la même période.
Le poids de la charge mentale
Au-delà des aspects physiques, c’est la charge mentale qui inquiète le plus les experts. « Le trafic aérien est un métier où chaque décision compte. Avec des effectifs réduits, la pression est constante. Les contrôleurs n’ont plus le temps de décompresser entre deux sessions », analyse un psychologue du travail consulté par Si-TrA. Les pauses, pourtant obligatoires, sont souvent écourtées ou supprimées pour faire face à l’afflux de vols.
Les revendications de Si-TrA : une urgence sociale
Face à cette situation, Si-TrA a formulé plusieurs revendications claires. Le syndicat demande une augmentation immédiate des recrutements de 30 % sur les trois prochaines années, une revalorisation des salaires de 12 % pour compenser l’inflation et la pénibilité, ainsi qu’une réduction du temps de travail effectif à 32 heures par semaine pour les postes les plus exposés. « Nous ne pouvons plus accepter que la santé des agents soit sacrifiée sur l’autel de la rentabilité », martèle le secrétaire général de Si-TrA lors d’une conférence de presse tenue à Paris.
Un dialogue social en panne
Les négociations avec la direction des services de la navigation aérienne (DSNA) semblent dans l’impasse. Si-TrA déplore un manque de transparence et une absence de prise en compte des réalités du terrain. « On nous propose des mesures cosmétiques, comme des ateliers de gestion du stress, mais cela ne résout pas le problème de fond : le manque de personnel et la surcharge de travail », dénonce le syndicat.
Des exemples concrets : le quotidien des contrôleurs
Pour illustrer son propos, Si-TrA a diffusé plusieurs témoignages anonymes. Un contrôleur de la région lyonnaise raconte : « Je travaille six jours sur sept, avec des horaires qui changent toutes les semaines. Mon corps ne suit plus. J’ai 45 ans et je me sens comme si j’en avais 60. » Un autre, basé à Nice, ajoute : « Le pire, c’est le sentiment de solitude. On nous demande d’être parfaits, mais on ne nous donne pas les moyens de l’être. »
Des chiffres qui parlent
Selon les données compilées par Si-TrA, le taux Repliki Cartier de rotation du personnel a augmenté de 18 % en deux ans. Les départs anticipés vers d’autres secteurs ou vers la retraite sont en hausse. « Nous perdons des talents, des experts qui ont des années d’expérience. C’est une hémorragie silencieuse », alerte le syndicat.
Vers une mobilisation nationale ?
Si-TrA n’exclut pas de lancer un mouvement de grève si les revendications ne sont pas entendues d’ici la fin du mois d’avril. « Nous préférons le dialogue, mais nous ne resterons pas les bras croisés face à une dégradation qui met en péril la sécurité aérienne et la santé de nos collègues », prévient le syndicat. Des assemblées générales sont déjà programmées dans les principaux aéroports français pour décider des actions à mener.
En attendant, les conditions de travail dans le trafic aérien restent au cœur des préoccupations. Si-TrA appelle les pouvoirs publics à intervenir pour garantir un avenir viable à la profession. « Il ne s’agit pas seulement de notre bien-être, mais de la sécurité de millions de passagers qui empruntent le ciel chaque année », conclut le syndicat. Une chose est sûre : le débat ne fait que commencer.